Venny Soldan-Brofeldt

Artist, sculptor, and jewelry designer.

Revenir en Syrie (1)

  Ce soir pour changer, coucher de soleil avec le reflet du mont Kassioun sur le flot des voitures. Ce qu’il y a de déconcertant quand on arrive à Damas, c’est l’impression de normalité qui se dégage d’une ville qu’on croit détruite, à feu et à sang.

  Les destructions sont surtout dans la banlieue bombardée par Bachar el-Assad mais le vieux centre est intact, symbole d’une éternelle résilience : c’est une des seules capitales à avoir survécu depuis 2.500 ans à toutes les guerres et toutes les invasions. On est pris par l’émotion en longeant les murs romains de la mosquée des Omeyyades, en passant sous l’arc romain à l’entrée du souk el Hamidiyyeh, l’une des plus vieilles galeries marchandes du monde.

   La révolution du 15 mars 2011, qui abouti en décembre à la chute de la dictature, ne s’est pas encore stabilisée et certaines régions souffrent de violences. Damas en revanche est calme, sauf bombardements ponctuels par drones venant du sud comme cet après midi.

   Les soldats et policiers moustachus du régime Bassiste ont été remplacés par des miliciens barbus, certains aux cheveux longs, d’autres à la barbe taillée comme leur chef Ahmad al-Chareh. En fait de jihadistes ce sont des jeunes qui rigolent avec les passants et se font prendre en photos.

Pas plus de femmes voilées qu’avant, une très grande décontraction dans les tenues, les chrétiens se recueillent toujours devant le mausolée de Saint Jean Baptiste au milieu de la mosquée des Omeyyades même pendant la prière des musulmans. Et à la sortie de la messe à la cathédrale mariamite de Bab Touma, les fidèles n’ont pas l’air particulièrement inquiets. Mais bien sûr ce ne sont que des impressions subjectives, ma seule contrariété étant que le glacier Bagdache était fermé à cause du Ramadan…

15 mars 2025

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