Venny Soldan-Brofeldt

Artist, sculptor, and jewelry designer.

L’Europe en tête

Ce n’est pas un symbole mais une réalité, l’Europe de la Défense a défilé le 14 juillet à Paris à travers une série de signes concrets, et c’est un drapeau européen qui a ouvert le défilé aux côtés du drapeau malien, l’armée malienne étant à l’honneur avec les troupes de la MISMA, de la MINUSMA qui lui succède, et de la force française Serval, engagées ensemble dans une l’intervention militaire au Mali depuis janvier. 

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Ce drapeau, qui n’avait pas été prévu initialement et ne figurait pas dans les programmes imprimés, n’a pas été ajouté comme une fantaisie. Il représentait, avec sa garde, la mission européenne de formation au Mali (EUTM) qui forme les premiers bataillons d’une armée malienne renforcée et en mesure de participer à la souveraineté retrouvée d’un pays stabilisé. Formé par instructeurs français et d’autres pays européens, le premier bataillon est opérationnel depuis deux semaines et a déjà été déployé sur le terrain, tandis qu’un second a commencé son cycle de formation.

Egalement engagés dans l’opération de stabilisation au Sahel, plusieurs pays européens étaient présents dans la partie du défilé européen consacrée à l’opération Serval : un C-160 Transall français et un autre allemand à côté d’un C-130 Hercules danois – mais également un Alpha Jet belge dans le cadre des écoles multinationales.

Europe encore, la présence, aux côtés du président François Hollande et du président intérimaire de la république du Mali, Dioncounda Traoré, du président de la jeune république de Croatie, Ivo Josipović, dernier pays à avoir intégré une Union européenne élargie le 1er juillet dernier à 28 membres.

C’est à souligner, la Croatie n’a pas été invitée, c’est elle qui a demandé à faire défiler un détachement interarmées sur les Champs-Elysées pour marquer sa participation à part entière à l’Europe de la Défense, ce qui est un signal clair de son engagement.

Défilant fièrement à la tête de la Brigade franco-allemande, le général Hagemann, qui commande la BFA, me faisait remarquer que les Français avaient de la chance car “il n’y a qu’à Paris qu’on peut faire un tel défilé européen”. La BFA, qui a déjà défilé à Paris, était particulièrement en valeur cette année à l’occasion du 50e anniversaire du Traité de l’Elysée.

Un rapprochement franco-allemand marqué par un demi-siècle de coopérations de défense aussi bien opérationnelle qu’industrielle, avec là aussi des témoignages visibles de coopération. Miracle de la coopération entre militaires, on a pu voir voler pour la première fois cote à cote un Eurofighter et un Rafale, et à deux reprises : une fois derrière l’avion de transport européen A400M dont c’était le premier passage officiel sur les Champs Elysées, à quelques jours de sa livraison officielle à l’armée française, et une deuxième fois dans une formation en losange avec un Rafale, deux Typhoon et un Mirage 200 RDI (ci-dessous, photo © EADS).

Autre signal de cette coopération franco-allemande matrice d’une coopération pragmatique européenne, les hélicoptères de l’école de formation franco-allemande du Luc dont un Tigre français, un Tigre allemand et un NH-90 Caïman français, ces deux hélicoptères étant des programmes élargis à plusieurs pays européens, comme l’A400M. Beaucoup de raisons de se réjouir, dans un climat d’euroscepticisme pesant et souvent irrationnel…     

14 juillet 2013

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