
Un trait d’union au-dessus de l’océan et de la forêt amazonienne, c’est ce qui a réuni les élèves de plusieurs groupes scolaires d’Issy les Moulineaux et ceux de l’école de Napurak sur la rive du grand fleuve Pastaza, dans la province de Morona-Santiago en Equateur, auxquels ils ont pu manifester leur solidarité pour la rentrée des classes.
A l’occasion d’une exposition de mes photos organisée en juin à l’Espace Andrée Chedid d’Issy, sur le thème “Napurak, les enfants de la forêt”, plusieurs écoles ont été invitées à des visites pédagogiques, les groupes scolaires Jules Ferry, Louise Michel et Justin Ourdin, pour les sensibiliser à la défense de l’environnement et la préservation de la forêt primaire, le poumon de notre planète.


Les enfants ont pu voyager en images et découvrir la vie des habitants de ce petit village de l’ethnie Achuar, au cœur de l’Amazonie équatorienne, loin de toute route et de toute agglomération, en parfaite symbiose avec les plantes et les animaux de leur environnement naturel.



Ce qui les a le plus frappés c’est comment ces indigènes portent sur le visage, avec une tradition de peinture faciale enseignée dès leur plus jeune âge, les masques symbolisant les animaux de la forêt : le jaguar, l’aigle, le serpent, la tortue, le singe, le hibou… Autrefois peintures guerrières, car les Achuar étaient il y a encore quelques décennies de redoutables chasseurs nomades et guerriers, ces masques restent une tradition fortement maintenue pour marquer le lien avec les animaux protecteurs.



Plutôt que de se peindre la figure avec ces peintures végétales extraites de lianes qu’on ne trouve pas en Ile de France, les élèves des écoles d’Issy se sont exercés à choisir un totem et à le dessiner au feutre et au pastel sur un visage tracé sur une feuille.


En noir et en couleurs, sans contrainte de style et encadrés par leurs maîtresses, les élèves se sont inspirés à la fois des peintures vues dans l’expo et de quelques photos en gros plan des animaux de la forêt.



Le résultat, après quelques hésitations initiales, chacun voulant voir ce que faisait son voisin, a révélé une belle créativité et une parfaite compréhension de la technique et du style, à gros traits noirs pour marquer l’expression propre à chaque animal, les taches du jaguar, le bec de l’aigle, les écailles du serpent et de la tortue…


A l’issue, tous ces élèves d’Issy ont marqué leur solidarité avec les enfants de Napurak en achetant des photos et des livrets illustrés de l’expo, pour financer la rentrée scolaire de Napurak. La petite somme ainsi réunie a été transmise au maire du village, Pedro, qui s’est rendu dans la ville de Taisha, à une heure de petit avion ou deux jours de marche en forêt, pour acheter les fournitures scolaires, cahiers, stylos, crayons de couleur, feutres, dictionnaires, ainsi que six robes traditionnelles pour les filles..


Il en a fait la distribution le jour de la rentrée avec l’instituteur Cristobal, et les écoliers ravis ont inauguré leur matériel scolaire, avec lequel ils ont commencé par dessiner des messages de remerciement à leurs camarades de la région parisienne. Un premier contact qu’ils espèrent suivi d’autres plus tard, y compris des visites dans leur village car Napurak accueille de temps en temps, malgré l’éloignement et la difficulté d’accès, des groupes de touristes auxquels les villageois sont heureux de parler de leur lutte quotidienne pour la préservation de la forêt amazonienne.
Et pour ceux qui n’ont pas pu voir l’expo photos à l’Espace Andrée Chedid, voici le reportage fait par mon ami Frédéric Bouquet : https://www.youtube.com/watch?v=EkKNBC8MJuA
01 octobre 2024 dans Amazonie | Lien permanent | Commentaires (0)
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