Sous le titre “Mexique, 1900-1950”, le Grand Palais présente jusqu’au 23 janvier une très belle rétrospective des artistes mexicains, non seulement les plus connus que sont Diego Rivera, Frida Kahlo, Orozco et Siqueiros, mais beaucoup d’autres présentés à juste titre comme “les avant-gardes” d’un art à la confluence des tendances européennes, américaines, enrichies de la sensibilité et de la luxuriance propres aux cultures amérindiennes, sans parler de l’influence particulière des femmes dans l’émergence de cet art mexicain.

Plus qu’une redécouverte, c’est une découverte à ne pas manquer, un rayon de soleil coloré en ce temps automnal gris et humide, ainsi avec “Les Baigneurs” de Jorge Gonzalez Camarena (1937). L’exposition offre un parcours faisant la part de la chronologie avec les péripéties de la révolution mexicaine, et des écoles et tendances en distinguant par exemple les œuvres surréalistes placées en queue de parcours.



A lui seul le grand Diego Rivera mérite tout un parcours à travers ses oeuvres, car si le style de la “ Vendeuse d’arums” (1942) est celui qui a consacré le muraliste, il a traversé auparavant toute une série d’écoles et de tendances avant de mûrir la sienne propre.



C’est ainsi que son “Portrait de Ramon Gomez de la Serna” (1915) et le “Portrait d’Adolfo Best Maugard” (1913) reflètent bien les influences cubistes explorées à l’époque de son séjour parisien.
Au milieu des peintures, beaucoup de sculptures rappellent évidemment l’art aztèque et maya dans les formes, de même que le thème de la mort toujours étroitement lié à celui de la vie, avec l’actualité de la révolution mexicaine, de ses combats et de ses exécutions sommaires qui n’épargnent jamais les civils. A gauche “L’Etreinte” (les trois camarades) d’Ezequiel Negrete Lira (sans date), en premier plan devant l’impressionnant “Notre image actuelle” de David Alfaro Siqueiros (1947). A droite, une “Tête” de Juan Cruz Reyes (vers 1950).



Militaires, paysans, religieux, civils, morts, vivants, pendus, fusillés, les paysages sont souvent dramatiques. Et les femmes sont tojours là, qui suivent et survivent, qui assument et travaillent, comme dans “Les Femmes des soldats” de Jose Clemente Orozco (1926) et “la Molendera” de Diego Rivera (1924).
“La Coiffure” de Francisco Arturo marin (1925) et “Groupe de Femmes” de Francisco Zuniga (1974) rappellent la culture indienne du Mexique, dans les traits des personnages comme dans les expressions et révèlent une belle continuité de la culture mexicaine à travers les avatars de sa civilisation.

Les cultures régionales aussi sont célébrées par l’art mexicain, femmes en robes traditionnelles de Oaxaca, ou “Femmes de Tehuantepec” de Rufino Tamayo, un artiste qui synthétise les avant-gardes mexicaines, françaises et new-yorkaises après plusieurs séjours à l’étranger.



Comme la France a accueilli les Mexicains qui échappaient à la révolution mexicaine dans les années vingt, le Mexique accueille à son tour les réfugiés de l’Europe en crise des années 1930, artistes, intellectuels et politiques étroitement liés. Sur cette photo de 1938 à Mexico, on voit André Breton, Diego Rivera, Léon Trotsky à peine arrivé et Jacqueline Lamba, alors épouse de Breton et qui sera une grande amie de Frida Kahlo. A droite, “Nature morte avec perruche et drapeau”, de Frida Kahlo (1951), avec la perruche qu’on retrouve sur nombre de ses tableaux.
Plusieurs autres tableaux de Frida, dont “Les deux Frida” (1939). A droite, “Autoportrait” d’Olga Costa (1947), née dans une famille allemande émigrée au Mexique et qui apporte sa propre inspiration, participant à la mise en valeur des femmes dans le courant artistique mexicain, avec Nahui Olin dont plusieurs tableaux magnifiques sont présentés.



L’exposition est riche d’une incroyable diversité d’œuvres, avec d’autres artistes majeurs comme Gabriel Fernandez Ledesma, ici à gauche avec “La passerelle” (sans date), il était lui aussi peintre muraliste, sculpteur, photographe et graveur, membre de la Ligue des écrivains et artistes révolutionnaires. A droite, “Ion Antonescu” de Miguel Covarrubias (1940), dans une série de petites caricatures féroces de Hitler, Staline, Franco et des dirigeants de ces années de guerre à savourer en détail.


Ce n’est ici qu’un pâle aperçu d’une exposition très lumineuse, avec de très belles peintures à regarder de près, très agréable à visiter car on ne s’y bouscule pas et qui semble également attirer tous les touristes mexicains de passage. La boutique, comme toujours au Grand Palais, est une excursion finale dans le Mexique d’hier et d’aujourd’hui, son histoire, sa culture et sa littérature. A signaler, sur le site de la RMN consacré à l’expo : on peut télécharger un audioguide en application po
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